Sauvetage en hauteur : la hauteur n’est pas le vrai danger…
Depuis un an, le Code de sécurité pour les travaux de construction exige qu’un travailleur suspendu dans un harnais à la suite d’une chute puisse être secouru dans un délai d’environ 15 minutes.
Cette exigence a provoqué beaucoup d’inquiétudes et de questions sur les chantiers :
- Faut-il désormais une équipe de sauvetage complète en permanence?
- Doit-on investir massivement dans des équipements spécialisés?
- Est-ce réaliste d’exiger une intervention aussi rapide dans tous les contextes?
Pour bien répondre à ces questions, il faut d’abord clarifier une chose essentielle :
Dans ce type de situation, le principal danger n’est pas la hauteur. Le véritable danger est le traumatisme de suspension.
Le problème n’est pas de tomber, mais de rester suspendu
Lorsqu’un travailleur chute et que son système d’arrêt de chute fonctionne correctement, la chute est arrêtée. À ce moment précis, la hauteur n’est plus l’élément critique.
Ce qui devient préoccupant, c’est la position du travailleur dans son harnais et la pression exercée par les sangles de cuisses. Cette compression peut entraîner des problèmes circulatoires importants — ce qu’on appelle communément le traumatisme de suspension.
C’est pour limiter ce risque physiologique que la réglementation impose un délai d’intervention relativement court.
Une nuance qui change tout
Comprendre cette distinction transforme complètement la façon d’aborder le sauvetage.
Si l’on croit que le danger est d’abord la hauteur, on aura tendance à imaginer des scénarios très complexes, nécessitant :
- des équipes spécialisées en tout temps;
- des systèmes de sauvetage élaborés;
- des interventions lourdes et coûteuses.
Mais si l’on reconnaît que le risque principal est lié à la suspension prolongée, alors l’objectif devient plus clair :
Réduire rapidement le temps passé suspendu, avec une méthode simple, réaliste et adaptée au contexte.
Cette nuance permet de bâtir des plans d’intervention beaucoup plus pragmatiques et applicables.
Une exigence réaliste?
Fait intéressant : les services d’urgence professionnels — pompiers ou équipes spécialisées — ne s’imposent pas eux-mêmes une contrainte aussi stricte que ce fameux délai de 15 minutes.
Pourquoi alors exiger des travailleurs et des employeurs, dont ce n’est pas le métier premier, des scénarios parfois irréalistes ou disproportionnés?
La réponse ne réside pas dans l’improvisation ou la surenchère d’équipements, mais dans une bonne compréhension des risques réels et dans le choix de méthodes cohérentes.
Construire des plans de sauvetage applicables
Un plan de sauvetage efficace ne doit pas être spectaculaire. Il doit être :
- simple à comprendre;
- adapté aux installations;
- réalisable par les équipes en place;
- proportionnel au risque réel.
Lorsque l’on aborde la question sous l’angle du traumatisme de suspension plutôt que sous celui de la hauteur, il devient beaucoup plus facile de concevoir des solutions concrètes et défendables.
Un sujet que nous abordons en profondeur
Ces enjeux — et bien d’autres — sont au cœur des ateliers gratuits de 2 heures offerts par GRAVI-T ZERO.
Nous y faisons la lumière sur :
- la différence entre évacuation et sauvetage;
- les exigences réglementaires réelles;
- les mythes entourant le délai de 15 minutes;
- la façon de bâtir des plans d’intervention pragmatiques.
Parce qu’en sauvetage en hauteur, la compréhension du risque est souvent plus importante que la complexité de la solution.
Si ce sujet vous interpelle ou si vous souhaitez mieux outiller vos équipes et vos gestionnaires, n’hésitez pas à nous contacter pour connaître les prochaines dates d’ateliers ou inscrivez-vous à notre info-lettre pour connaître les prochaines séances.
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